Tout savoir sur la drépanocytose

Tout savoir sur la drépanocytose

La drépanocytose (ou anémie falciforme) est une maladie génétique héréditaire caractérisée par une mutation de l’hémoglobine, la protéine porteuse d’oxygène présente dans les globules rouges. En présence de cette maladie, qui se transmet de manière autosomique récessive (il est nécessaire que la personne affectée hérite du gène muté de ses deux parents pour que la maladie se manifeste sous une forme grave), les globules rouges contenant la protéine altérée prennent une forme caractéristique de faucille (ou de croissant), d’où le nom de la maladie ; plus rigides et plus visqueux, les globules rouges passent difficilement dans les vaisseaux sanguins, bloquant le flux sanguin et réduisant l’apport d’oxygène aux tissus.

Cela n’est pas toujours cliniquement évident, mais le devient particulièrement lorsque le patient porteur de la mutation développe une infection ou en cas d’apport insuffisant en oxygène (alpinisme, exercice intense, vol en haute altitude) et développe une “crise drépanocytaire“.

En outre, étant reconnues comme “anormales” par l’organisme, ces cellules sanguines sont détruites plus rapidement dans la rate, ce qui entraîne une anémie chronique qui s’accompagne généralement d’autres symptômes, tels que.. :

  • Fatigue accrue
  • Sensation de faiblesse généralisée
  • Pâleur de la peau
  • Jaunisse (coloration jaunâtre de la peau et des sclérotiques des yeux).

La drépanocytose est une maladie grave et malheureusement chronique, c’est-à-dire incurable, mais un diagnostic précoce peut améliorer considérablement la qualité de vie et les perspectives. Le diagnostic repose principalement sur l’électrophorèse, un examen qui évalue la présence d’hémoglobine mutée dans un échantillon de sang.

Le traitement consiste à éliminer l’exposition aux facteurs susceptibles de provoquer une crise drépanocytaire chez les patients mutés, et à fournir des thérapies pour contrôler l’anémie et réduire la douleur.

Causes de la drépanocytose

La drépanocytose est une maladie causée par la mutation d’un gène qui détermine la production d’hémoglobine, la protéine située dans les globules rouges et responsable du transport de l’oxygène dans l’organisme ; elle est particulièrement fréquente chez les personnes d’origine africaine, mais elle est également assez courante dans les populations méditerranéennes (en Italie, elle est répandue dans les régions méridionales, en particulier en Sicile et en Calabre, où elle peut atteindre une fréquence comprise entre 2 % et 13 %).

La maladie se transmet sur le mode autosomique récessif, c’est-à-dire que pour la manifester il faut hériter du gène muté en double, un de chaque parent.

Une personne qui n’a qu’un seul gène muté

  • est appelé porteur du trait drépanocytaire (ou porteur sain),
  • n’auront aucun symptôme ou, s’ils sont présents, une forme plus légère,
  • mais pourront la transmettre à leur progéniture avec une probabilité de 50%.

Dans l’ensemble, donc :

  • Si un seul des parents est porteur sain, l’enfant NE PEUT PAS naître malade.
  • Si les deux parents sont des porteurs sains, il y en a :
  • 25% de chances (1 sur 4) que l’enfant soit en parfaite santé (pas de copies défectueuses)
  • 50% de chances (1 sur 2) que l’enfant soit un porteur sain (généralement pas ou peu de symptômes, mais présence d’une copie défectueuse)
  • 25% de chances (1 sur 4) que l’enfant soit malade, héritant de deux copies du gène défectueux (une de chaque parent)

L’hémoglobine de l’individu adulte a normalement une structure quaternaire constituée de quatre chaînes, deux chaînes alpha, composées de 141 acides aminés, et deux chaînes bêta, composées de 146 acides aminés, en paires identiques ; Dans le cas de la drépanocytose, en revanche, il y a une altération de la sous-unité bêta de l’hémoglobine, ce qui entraîne la formation d’une protéine mutée, appelée hémoglobine S, qui, ayant des caractéristiques chimiques et physiques différentes, provoque une déformation structurelle des globules rouges, qui prennent la forme caractéristique de “faucille” ou de “croissant”.

Particulièrement fragiles, les cellules ainsi formées se décomposent et, en raison de leur rigidité, se déplacent difficilement dans le sang, ce qui entraîne une réduction de l’apport d’oxygène aux tissus et un état d’anémie chronique, causé par le processus de destruction des globules rouges altérés qui a lieu dans la rate.

Symptômes de la drépanocytose

Tous les patients atteints de drépanocytose ont tendance à présenter certains symptômes caractéristiques à partir de l’âge de quatre mois, comme par exemple :

  • Anémie à des degrés divers (diminution pathologique du taux d’hémoglobine dans les cellules sanguines) ;
  • Fatigue accrue ;
  • Sensation de faiblesse généralisée ;
  • Peau pâle ;
  • Retard de croissance ;
  • Problèmes de vision ;
  • Gonflement des mains et des pieds ;
  • Jaunisse (coloration jaunâtre de la peau et des sclérotiques, la partie blanche des yeux).
  • Des porteurs sains.

Ces symptômes, de manière plus nuancée, peuvent également affecter les “porteurs de drépanocytes” ; ces personnes, qui ne possèdent qu’une seule copie du gène muté, sont également considérées comme présentant un risque accru de développer une maladie rénale chronique et une embolie pulmonaire, ainsi que des cas de mort subite liés à un effort intense ou à des conditions de déshydratation sévère.

Crise de la drépanocytose

La crise drépanocytaire est une aggravation sévère de l’état clinique d’un patient atteint d’anémie drépanocytaire et peut être induite par :

  • Conditions nécessitant un apport accru en oxygène (exercice intense, alpinisme, vol à haute altitude) ;
  • Pathologies concomitantes (infections, états fébriles, …).

Elle est identifiée cliniquement par l’apparition de :

  • Douleurs notamment dans l’abdomen (où elles peuvent être accompagnées de vomissements) et dans les membres supérieurs et inférieurs, avec apparition de gonflements sur le dos des mains et des pieds, dus à l’occlusion de la microcirculation.
  • Fièvre ;
  • Crises hématologiques : événements caractérisés par l’arrêt de la production de globules rouges dans la moelle osseuse, avec une aggravation rapide de l’anémie ; ils peuvent être
    hémolytique (en raison d’une destruction accrue des globules rouges)
  • aplasique (due au développement d’infections, généralement virales ou streptococciques).
  • Syndrome thoracique aigu : il est le plus souvent observé chez les enfants et est causé par un blocage du flux sanguin dans les capillaires pulmonaires ; il se traduit par l’apparition d’une douleur thoracique qui s’aggrave, accompagnée de difficultés respiratoires, et peut prédisposer au développement d’une hypertension pulmonaire ou parfois avoir une issue fatale en raison de l’incidence plus élevée d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) causés par l’occlusion des capillaires dans la circulation cérébrale.
  • Crises : elles se manifestent par une augmentation soudaine du volume de la rate, des douleurs abdominales et des vomissements.

Complications

Les patients atteints de la maladie ont tendance à développer certaines complications au fil du temps, telles que :

  • Hypertrophie de la rate (splénomégalie) : elle est due au processus de piégeage et de destruction des globules rouges altérés ; à long terme, la rate peut être endommagée de manière irréversible et subir une perte de fonction qui rend le patient plus sensible au développement d’infections (en particulier les infections à pneumocoques) et aggrave encore l’état d’anémie (en raison de la production réduite de cellules sanguines).
  • Hypertrophie du foie (hépatomégalie), avec accumulation de pigments provenant de la destruction des globules rouges, qui favorisent la production de calculs biliaires.
  • Douleurs articulaires invalidantes ;
  • Possibilité d’insuffisance cardiaque (le cœur s’hypertrophie et se contracte moins efficacement) ;
  • Développement d’ulcères de la jambe et de la cheville (en raison d’une oxygénation inefficace de la peau) ;
  • Priapisme (érection anormale douloureuse et persistante, particulièrement fréquente chez les jeunes hommes, qui peut entraîner des lésions irréversibles du pénis).
  • Altération des fonctions pulmonaires et rénales (en particulier chez les patients âgés) ;
  • Augmentation de l’incidence des accidents vasculaires cérébraux et des accidents cérébrovasculaires.

Diagnostic d’une drépanocytose

Le diagnostic repose, en plus de la clinique, sur les performances de :

  • Les analyses de sang : elles sont effectuées notamment pour évaluer la gravité de l’anémie et la présence de complications organiques concomitantes et pour visualiser au microscope les globules rouges drépanocytaires ;
  • L’électrophorèse de l’hémoglobine : elle permet de détecter la présence d’hémoglobine mutée, en utilisant un courant électrique pour séparer les différents types de protéines présents dans l’échantillon de sang utilisé.
  • Tests prénataux : ils sont réalisés chez les couples qui risquent d’avoir un enfant atteint de drépanocytose parce qu’ils sont porteurs de la maladie ; ils consistent à réaliser une amniocentèse ou une villocentèse pour rechercher la présence de la mutation du gène dans les cellules du fœtus (une simple prise de sang suffit pour savoir si vous êtes porteur sain et est régulièrement réalisée pendant la grossesse).

Traitement

Le traitement repose principalement sur :

  • Adopter un comportement visant à prévenir l’apparition des crises : il faut éviter de pratiquer des activités qui réduisent la quantité d’oxygène présente dans le sang (exercice physique intense, alpinisme, …) et de traiter tout type de maladie, même bénigne, ou d’état infectieux viral. Vaccination contre les infections par :
  • Pneumocoque ;
  • Le méningocoque ;
  • La grippe ;
  • Haemophilus influenzae type B.
  • Contrôlez l’anémie en prenant de l’acide folique (nécessaire à la production de globules rouges) et en administrant des transfusions sanguines si nécessaire ;
  • Traitement des crises drépanocytaires : la survenue d’une crise drépanocytaire peut nécessiter l’hospitalisation du patient ; selon les cas et la gravité du tableau clinique, le traitement comprend le traitement de la cause sous-jacente et l’administration de liquides par voie intraveineuse, de médicaments antidouleur, de transfusions sanguines et d’oxygénothérapie.

La greffe de cellules souches provenant d’un membre de la famille ou d’un autre donneur non porteur du gène muté peut guérir la drépanocytose, mais elle n’est pas sans complications et nécessite des médicaments immunosuppresseurs à vie. Les techniques de thérapie génique, qui consistent à insérer des copies du gène normal dans les cellules souches du sang, sont encore à l’étude.

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